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Son caractère, mes inquiétudes

Cette rentrée scolaire aura été un choc pour toi comme pour moi, j’ai l’impression que tu as grandis d’un seul coup.  Tu es passé du stade bébé au stade grande fille sans passer par la case petite fille ou c’est peut être le bébé que tu as passé trop vite. Je regarde les vidéos de toi qui fais le guignol en vacance avec Nostalgie, nos premières vacances ensemble, à 3.

J’ai l’impression que cette année aura été un grand chamboulement pour nous deux, entre l’école et l’arrivée de ta sœur. Je ne t’ai pas vu grandir, je ne t’ai pas vu évoluer, et d’un coup je tombe de haut car je te redécouvre. J’ai l’impression parfois de ne pas te connaitre, te reconnaître. Tu réagis d’une façon, puis d’une autre, tu te modules comme de la pâte à modeler. Tu sais comment faire et quoi dire quand il faut et où il faut. Ton adaptation en est carrément flippante.

Tu ne fais pas de caprices, tu ne te roules pas par terre, tu ne crises pas, tu ne hurles pas, éventuellement tu râles, tu chouines et tu fais tes petites manigances pour arriver à ce  que tu veux. C’est vrai que lorsque tu as quelque chose en tête, on ne peut pas te le retirer (et tu me fais vaguement penser à quelqu’un en écrivant ça) tu y arrives toujours, tu va au bout de ton idée, jusqu’à ce que nous parents, t’arrête dans ton délire, dans tes bêtises que tu ne considères pas comme telles.

Et puis certains mots sont venus briser ce regard qu’on a vers toi, celui un peu mystérieux, ce regard qui fait qu’on ne te voit pas comme les personnes de l’extérieur, ce regard qu’ont les parents :  » Elle a un comportement qui n’est pas adapté à un enfant de son âge ». Celle là avait un peu piqué. Et puis le : « il se peut que… Faudra la surveiller ». Celle-là a presque fini d’achever ce regard « magique ».

Alors tu vois avec ton père (comme tu aimes l’appeler), on se renseigne, parce que bon on est pas super d’accord avec lémokifach. Au début, on a préféré ne pas y penser, et puis lémokifach sont revenus plusieurs fois à nos oreilles, alors on a commencé à y penser plus sérieusement. On s’est fait la réflexion à ta façon de réagir, à ta façon d’être, de nous parler, alors  on a appris à les connaitre, à les découvrir, à les assimiler.

IMG_20160701_080723Extrait du livre les tribulations d’un petit zèbre D’Alexandra Reynaud (Edition Eyrolles).

On a du mal à te voir dans les traits qu’on peut donner aux « zèbres », aux « hauts potentiels », peut être parce qu’on préfère se dire qu’il n’y a rien, que tu es « normal », peut être parce qu’on préfère te préserver des entretiens psychologiques. Et pourtant, on y pense, en Novembre tu vas avoir 4 ans, et je me dis que ça serait le bon moment pour le faire. On serait fixer, on saurait, mais est ce vraiment utile de te « faire subir ça » pour se rassurer ? Serais-tu, toi, rassurer ? De savoir qui tu es ? Est ce que TOI, tu te poses des questions sur ta façon d’être ?

Alors parfois j’ouvre les livres sur le sujet, j’acquiesce bien sur, je valide même parfois, en me disant « ah oui c’est elle » et je passe souvent très vite à un « oui mais c’est normal », il se pourrait même que tu ressembles traits pour traits à un type de « Haut potentiel », mais voilà on hésite, on ne sait sur quel pied danser comme avec toi un peu. On essaye de te comprendre, de s’adapter à toi et ton comportement divergent.

Je pourrais passer mon temps à t’analyser, à te checker, à dire pleins de mokifach mais je m’abstiens tant qu’il n’y a aucune certitudes. Et je reste sur le positif.

Tu vois je suis un peu comme toi, j’aime les histoires mais je préfère largement quand c’est toi qui les inventes, qui les construits, qui les imagines. J’aime quand c’est toi qui joues avec les mots, les sons, les lettres. Quand tu décryptes les livres, quand tu fais des mots qui n’existent pas, quand tu prends le bout d’un pour le rajouter à un autre, parce qu’ils ont l’air plus drôle comme ça. Tu vois, si je joue à ton jeu, tu pourrais être un « Zètiels » ou un « Zécoce » c’est presque joli.

Au final, les histoires, je les aime deux fois plus quand ce n’est pas toi le personnage principal.

IMG_20160526_181558 Couverture du livre « j’aide mon enfant précoce » des Editions Eyrolles.

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2 commentaires

  1. Adeline w Adeline w

    Bonjour,
    Je n’ai sais pas si ce que je vais écriture peut ou non vous être utile, ni dans quelle mesure.
    Ma maman enseigne en tant que professeur de français dans un établissement dont l’accueil est en parti dédié aux enfants à haut potentiel. Depuis des années, je l’entends toujours dire que ces enfants se mettent une pression incroyable. Certains éprouvent un mal être permanent, ne trouvent pas leur place bien que cet établissement les accompagne.
    Le plus dur à gérer est souvent la part émotionnelle, sans omettre leur perfectionnisme permanent.
    Pour vous donner son ressenti, elle pense que bien souvent, certains se trouveraient mieux sans le savoir. Pour d’autres (une toute petite minorité), le savoir les a révélé.

    Je n’ai aucun conseil à donner, je suis certaine que vous choisirez ce qu’il y a de mieux pour votre fille. Se faire confiance en tant que parent est important.

    • Bonjour,
      Je vous remercie beaucoup pour votre témoignage.
      Pour l’instant nous préférons garder tout cela secret, et évitons le sujet avec elle, nous pensons que c’est mieux pour elle.

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