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SaintExpress 2016

Comme pour le marathon et la Courzapat, petit retour sur cette première SaintExpress.

img_20161206_122024On se donne rendez vous avec deux collègues à 19H30 à la Halle Tony Garnier à Lyon. Un p’tit coucou furtif à Runner mais pas que et c’est repos jusqu’au départ des navettes. Je prends le temps de me concentrer juste un peu une première fois. Le moral n’est pas très bon, je ne sais pas si ça va le faire, je suis plutôt inquiète et mes ongles s’en rappelleront.

parcourssainte45 minutes de car plus tard, on découvre Ste Catherine de nuit, on remarque qu’il n’y a qu’une seule tente pour l’attente, elle se remplie assez vite et on se retrouve dehors dans le froid alors que le départ n’est donné que dans 2 heures. On aperçoit un bâtiment à côté avec de la lumière, on en profite pour se glisser dedans avec d’autres coureurs, on apprendra quelques minutes plus tard que c’est le poste de secours et qu’il faut sortir. L’anecdote racontera qu’il aura fallu trois sommations par 3 personnes différentes, et l’ouverture des deux autres tentes réservées pour le ravito pour nous faire sortir de la maison (une trentaine de personnes c’était réfugiée dans cet endroit au chaud). En sortant, on constate que les moins chanceux attendent dans le froid sous les couvertures de survie.

img_20161206_121641Le départ est donné en 3 vagues à partir de 23heures, nous partons dans la dernière à 23H22. Le « chauffeur » fait le récapitulatif des difficultés en boucle, et je rêve qu’il se taise (alors qu’il m’aura été d’une grande aide sur la fin, grâce à lui je me suis souvenue de la dernière montée ce qui m’a permis de me « conserver » jusqu’au bout). Dernier instant pour se concentrer, j’essaye de me détendre, on va bientôt partir.

Décompte en partant de 10.

Contrairement au marathon, je n’ai pas le parcours en tête, je sais seulement où sont les ravitos. On atteint très vite la première difficulté, ce qui créera le premier bouchon. La descente du Bois d’Arfeuille nous accueille avec ses énormes cailloux, heureusement ils ne sont pas trop glissants. Aussitôt descendu, on voit arriver sur notre gauche, la montée du Mont des Rampeau, qui annonce la couleur de cette Saintepxress, ça grimpe et sur la fin je m’aide des arbres pour tenir le coup.

Les coureurs commencent à s’appeler entre eux pour ceux qui sont partis en groupe et j’avoue qu’à chaque prénoms entendus, je souris car naturellement j’appelle mes collègues aussi pour savoir si nous sommes toujours ensemble. Je profite d’un temps calme pour raconter une blague, la même que pour le marathon. Un bouchon se forme, je profite pour me détendre et récupérer du chemin parcouru. Un de mes collègues en profite pour faire une pause technique. On continue d’avancer pour l’attendre légèrement plus loin, et là devant nous, le fameux serpentin de lumière, je réalise qu’on y est, enfin, depuis le temps qu’on en parle.

On est plutôt bien servi en boue pour cette première partie, et certains coureurs prennent des pincettes pour avancer ce qui créera à plusieurs reprises des bouchons et des réflexions dans le peloton, pour le coup ça a été plutôt reposant, ils m’auront aidés à ne pas me griller dès le début. On aperçoit de temps en temps les étoiles, entre deux forêts sur le parcours, ce qui nous change des cailloux, de la boue et des arbres.

Cette nuit, le paysage s’illumine à la lumière des frontales.

On atteint enfin le premier ravito vers 1 heure du matin à Saint Genou, qui est uniquement liquide. Je profite de cette pause pour manger ma première barre de figue (les mêmes que pour le marathon). J‘hésite à prendre du liquide, de peur d’avoir envie de faire pipi (les priorités). J’opterai finalement pour la fin du thé d’un de mes collègues. Nous repartons assez rapidement, le temps de checker un peu notre corps. Cette première partie de parcours a été assez rude et j’espère que la suite sera plus douce.

Une belle montée nous tend les bras vers le 16ème kilomètre, comme pour la première je la fais en marchant, je m’écoute respirer, je me concentre, et j’évite de penser aux cuisses qui chauffent. Les kilomètres continuent de défiler, je ne remarque pas grand chose, je suis concentrée sur la course.

Mécaniquement je monte, je descends, j’aperçois de la forêt, des champs, du chemin et je savoure d’être là cette nuit.

Après une éternité, on atteint enfin le deuxième ravitaillement, il est 2h32 la fatigue ne se fait pas encore ressentir, étonnement. Cette fois-ci on a rendez-vous dans un gymnase à Soucieu-en-Jarrest, il fait chaud, on se détend et on resterait bien là. J’ai encore faim, j’opte pour des pim’s mis à disposition, un morceau de banane et le thé que j’avais finalement adoré au premier ravito.

img_20161206_121432Vers 3 heures du matin, je commence à sentir le froid et je me rappelle avoir vu qu’on descendrait pas loin des -4°C. J’ai rangé mes gants dès le premier ravito et je le regrette, heureusement que ma veste me permet de glisser une partie de mes mains au chaud. Du gel se crée sur la route et les chemins. Les cailloux deviennent glissants et j’essaye de me concentrer sur la pose de mes pieds pour éviter la gamelle. Le brouillard nous entoure. Je profite que ça ne soit que de la descente pour récupérer des kilomètres déjà effectués.

Le 30ème kilomètre nous offre une montée avant d’arriver sur Chaponost.

Le 3ème ravito arrive alors que j’ai l’impression d’avoir quitté le dernier il y a à peine 30 minutes. Je crois que j’ai déconnecté sur cette partie du parcours. Le moral est plutôt bon, le mélange d’endorphine et de fatigue joue très bien son rôle. J’opte pour un combo thé/figue. Je souris au Tweet de Maman de Crapaud qui m’encourage et j’en profite pour faire une photo. Je me répète en boucle dans ma tête qu’il ne reste plus que 10 kilomètres, 10 c’est rien, c’est la fin, on y est presque. La fraicheur de la nuit mélangée à l’étang me donne froid en sortant du gymnase.

La montée de l’Aqueduc de Beaunant est devant nous, c’est la dernière difficulté de ce parcours, je sais qu’après celle-ci ce n’est que de la descente, ouf. On a déjà 38 kilomètres dans les pattes, j’ai actionné le mode « on ne réfléchit plus, on avance, on ne s’arrête pas, plus vite cette montée sera finit, plus vite on sera arrivé ». La descente vers Lyon sur le bitume est une torture, je sens que ça tape dans les genoux et les hanches. Je sers des dents. Heureusement, la descente dans les escaliers me permet de récupérer et de filer vers les quais.

Le cerveau se remet en déconnexion et je n’ai qu’une seule idée en tête : arriver.

Le Pont Raymond Barre annonce la fin du parcours, la Halle n’est pas loin. A 300 mètres de la fin, on me propose un sprint que je refuse, je ne me sens pas en état. On passe la porte d’entrée, on reconnecte avec la réalité, le bruit et la chaleur du lieu nous enveloppe, l’arche est devant nous, on a commencé à 3 et on finira cette SaintExpress main dans la main à 3.
Doucement je laisse l’endorphine finir son travail, contente d’être arrivée, complètement usée, assise par terre et le sourire aux lèvres.

Heure à la montre 5H08 – Temps de course 5h46.

arrivesaint


Je m’étais dis que si ça se passait mal, je ne tenterai pas la grande, malheureusement pour mes jambes, l’année prochaine, j’empile pour le 72 kms.

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6 commentaires

  1. Josiane Josiane

    Championne !

  2. Waoooouh quelle aventure ! Quelle volonté ! <3

    • Oh bah je ne fais que mettre un pied devant l’autre tu sais :p

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