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42 kms avec moi

Après ces 10 semaines de préparation en raison de 3 entrainements par semaine, je reviens sur le blog pour vous parler du Jour J et de ce fameux premier marathon. Nous sommes donc à J+1, le moral toujours là avec de nouveaux objectifs en tête : le refaire, en mieux, et pousser encore plus loin le nombre de kilomètres au compteur.

Réveil à 7H00, je commence à me préparer doucement, ma tenue n’a pas bougé depuis la veille. Je fais un rapide tour de mon état, je me sens bien et le moral est là. A 5 minutes de partir, je me force à manger une banane et une barre à la figue. Je remplis ma gourde d’eau et je mets dans ma ceinture 2 barres de plus, des tickets de métro et toute ma motivation.

8H00, Bellecour m’ouvre les bras, et Fourvière me regarde du coin « de l’oeil ».

ril

Je retrouve mon binôme à 8H30 à l’entrée du sas, à peine le temps de discuter que 9H00 arrive.

10,9,8,7,6,5,4,3,2,1… Clic, on enclenche les montres et c’est parti !

On ne voit pas passer les 10 premiers Kilomètres qui sont plutôt roulants comme dirait l’autre. On croise beaucoup de monde motivé, on check pas mal de mains d’enfants qui nous transmettent leur bonne humeur, et la première heure passe toute seule. Dix heures sonne à l’abbaye, on entend une douce musique en sortir, mon binôme se met à chantonner. On savoure ce début agréable et l’ensemble se passe bien, on apprécie même la petite montée vers Coullonges au mont d’or. Après avoir traversé le pont, on entame le retour qui nous dirige vers le tunnel de la croix rousse en mode doux. A force de le voir et de m’entraîner dedans, je ne le crains même plus.

L’ambiance est là.

Plusieurs groupes de musiciens nous font profiter de leur savoir faire, certains coureurs font des blagues, d’autres commencent à lâcher l’affaire, beaucoup moins en forme, ils sont sûrement partis trop vite. Mon binôme commence à râler (et râlera souvent sur la course (en même temps son travail était de me faire tenir l’objectif)) qu’on va trop vite et qu’à cette vitesse on ne finira pas la course.

Vers le 14ème kilomètres, je commence à avoir légèrement faim, ce qui me fait penser qu’un collègue m’avait prévenu de manger avant le 15ème pour profiter du bien fait alors j’en profite pour manger ma première barre à la figue que j’avais glissé dans ma Flipbelt.

Je profite d’un moment de calme pour raconter une blague !

A peine fini de manger que le tunnel de la croix rousse que j’ai détesté les autres années est là. Les semi-marathoniens se décalent à droite et nous à gauche. Des coureurs se mettent à crier « On est pas fatigués, On est pas fatigué » en boucle, ça en fait sourire certains, et en rire d’autres, en tout cas la bonne humeur est là et ça fait du bien au moral. J’espère au fond de moi que la même ambiance sera là au 30ème Kms. Le tunnel est une vraie bouffée d’air frais, je le savoure à chaque kilomètres, et cela me fait une fois de plus aller trop vite (*instant ralage du binôme*). A la sortie, on retrouve le semi le temps de traverser le pont pour de nouveau se séparer, les marathoniens se dirigent vers le Parc de la tête d’or alors que le semi rentre. Je n’ai même pas envie de les suivre, je suis là, je reste là et je vais jusqu’au bout.

Pour la première fois depuis le début de la prépa, je sais que je finirais ce marathon !

montreJe refais le parcours dans ma tête, je me souviens qu’on rentre dans le Parc au 20ème Kilomètres et qu’on y ressort au 23ème, là où m’attendent les filles. Je n’ai que ça en tête sur tout le parcours du parc : « voir les filles et l’homme ». Je sais qu’ils sont là, au bout du chemin, on accélère légèrement (*râlage*), et on en vient à rattraper le meneur d’allure qui est censé gérer sa course avec les ravitos. On en profite pour le coller. La sortie du parc est là, et mon +3 aussi, les « allez maman » de Mini me motivent plus que jamais et me réchauffent le cœur.

On arrive au 25ème sans aucun soucis, et je mange ma deuxième barre, je finis donc la course avec rien d’autre dans le ventre et ça ne me vient même pas à l’idée que je pourrais avoir besoin d’un boost. A la cité internationale, on profite pour doubler notre lièvre que l’on suit depuis le milieu de la tête d’or. Je sais qu’à partir de là, je n’ai jamais été aussi loin.

L’inconnu s’offre à moi, et je le prend avec plaisir.

28ème Kilomètres, ma montre me lâche, j’ai complètement zappé de prendre le nécessaire pour la recharger la veille, je n’en tiens pas compte car mon binôme a la sienne, un gpx ça se récupère vite.On ne voit pas passer la ligne droite du quai de Rhône, on regarde les péniches, on profite du paysage et de la douceur du fleuve.

Je sais que Gerland n’est plus trop loin et c’est le panneau 30 kilomètres qui est là. Le « mur » ne devrait pas tarder, je l’attends de pieds fermes et rien ne se passe. Je remarque que je n’ai plus d’eau dans ma gourde, je profite donc pour m’arrêter quelques secondes pour la remplir au ravito, un bénévole m’aide. Mon binôme est presque étonné de me voir repartir aussi vite. Et on file vers le Parc des Berges du Rhône.

A ce niveau du parcours c’est le calme plat, je réclame une blague à mon binôme, la première.

34ème kilomètres, je sens que quelque chose cloche, comme une légère faiblesse dans les jambes, je préfère donc m’arrêter au ravito qui est là avant que ça me tombe dessus. Je prend une bouteille d’eau et la boit en marchant rapidement. 200 mètres, le temps de réclamer une autre blague à mon collègue et on repart.

J’engage mon mode Zombie en voyant le panneau 35 kilomètres. Je calcule sans cesse dans ma tête, comme un disque rayé je boucle : « 36 kms, 4 pour arriver à 40 et 2 pour finir, 6 kilomètres donc, c’est rien ça je sais faire, 37 kms, 3 pour arriver à 40, 2 pour finir ». Je laisse mes jambes courir toutes seules, comme un mécanisme, je ne suis plus là, je tiens juste. Les marcheurs se font de plus en plus fréquents, et ma motivation ne prend pas une seule égratignure.

Je commence à réaliser que je vais finir mon premier Marathon.

Le 39 ème Kilomètres est là, et je sens mes jambes qui me lâchent d’un coup, elles n’ont plus envie d’avancer. Je préviens mon binôme qu’il va falloir marcher, juste un peu, pour que mes jambes reprennent le pli de la course. Je me mets à trottiner pour ralentir la cadence, puis je marche vite pour m’étirer les jambes en faisant des montées genoux. 200 mètres plus loin, je reprend la course. Les 40 arrivent tout seul, comme inespéré mon moral est encore là et mes jambes ne disent plus rien.

Je cherche le panneau 41 des yeux sauf que je ne le vois pas. Les mètres continuent de passer, et toujours rien, alors je me mets à chercher le 42 que je n’aperçois pas non plus, à croire que mon cerveau me joue des tours.

Je vois les coureurs tourner pour aller vers Bellecour, et j’entends mon binôme me dire : « ça y est, c’est fini ». J’en conclus qu’il doit rester environ 300 mètres. On tourne à notre tour, il y a beaucoup de bruits, des applaudissements, des cris et de cette explosion de motivation, on en fait un sprint. On passe les photographes et la barrière de fin avec soulagement.

Sourire jusqu’aux oreilles, je ne réalise pas et je savoure ces kilomètres engloutis.

3 heures 56 minutes et 32 secondes de pure bonheur.

montrebis
Je finis cette course avec qu’une idée en tête : recommencer dès que possible !

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8 commentaires

  1. Recommencer

    Mais pourquoi des tickets de métro ?! : p

    • Bah pour y aller et pour rentrer voyons (bon au final j’ai fais le retour à pied :p)

    • Merciii beaucoup !! Au final le prochain défi sera le 44kms de la saintélyon 😉

  2. corinne DELOUMEAUX corinne DELOUMEAUX

    Bonjour
    Bravooo !!! et merci pour ce récit

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